L’INTERVIEW

Fabien Cominotti, qui êtes-vous ?

L’interview

Grenoble c’est vous : Fabien Cominotti, vous avez décidé de candidater aux élections municipales de Grenoble. Vous n’êtes pas connu. Pouvez-vous vous présenter ?

Fabien Cominotti : J’ai 47 ans, j’exerce le métier de négociateur immobilier sur Grenoble. J’ai grandi à la campagne et j’habite Grenoble depuis mes 16 ans. Je suis père d’un adolescent de 15 ans, Marius, qui est une grande joie dans ma vie.

GCV: Quels sont votre parcours professionnel et votre formation :

FC : Mon parcours professionnel est essentiellement lié au bâtiment. J’ai travaillé dans le domaine de la construction, comme maçon-coffreur puis dans la vente immobilière de biens d’habitations. Aujourd’hui je m’oriente aussi vers la formation, dont j’apprécie particulièrement certaines caractéristiques comme le travail en groupe, la transmission du savoir et de l’excellence professionnelle : c’est passionnant !

Initialement diplômé d’un bac technique à Grenoble, j’ai repris plusieurs fois des études : CAP de maçon-coffreur à Strasbourg en 2002, master d’Histoire en 2007 et de Sociologie en 2010 à Grenoble. En cours du soir j’ai obtenu un diplôme de gestionnaire immobilier en 2016 à l’ICH de Grenoble.

GCV : Avez-vous eu des fonctions politiques par le passé ?

FC : Non, c’est une première candidature et une première expérience. C’est une émergence.

GCV : De quel bord politique êtes-vous ?

FC :  Je suis du bord politique de la meilleure politique possible et c’est une réponse vraie et authentique.

GCV : D’accord. Alors qu’est-ce qu’une « meilleure politique possible » ?

FC : pour moi, la meilleure politique possible consiste à placer les sensibilités de l’être humain et la connaissance qu’il a de lui même au centre de la société. La société doit être le résultat des différentes sensibilités humaines, alimentée par celles-ci, respectant celles-ci. Cela nécessite d’une part un plus haut niveau de connaissance et d’acceptation de soi et d’autre part un plus haut niveau dans la maîtrise de notre communication avec soi et autrui. Cette vision politique est le fruit de vingt ans de réflexions personnelles dont on voit  le fil directeur dans un mémoire de master réalisé en 2006. La problématique était : « En quoi les graffitis sont de véritables « indicateurs de crises » des tensions personnelles et collectives qui agitent une société d’ordre et de hiérarchie dont les structures malmènent l’initiative et la singularité individuelle ? »² 

La « meilleure politique possible » passe également par l’action municipale, qui doit apporter à ses citoyens une action de protection personnelle si efficace et si immédiate qu’ils ressentent une sensation d’appartenance à elle. Quand elle existe véritablement, la Ville devient une réalité psychique, un sentiment vécu de puissance et de justice civile présent dans chacun de ses habitants.

Bien au delà de ce qu’elle est tristement aujourd’hui pour la plupart d’entre nous : banal organisme administratif plus ou moins contraignant, la Ville, dans toute sa puissance, est l’unité active qui lie ses habitants, puissance civile, puissance commerciale, expression commune et communautaire de la concorde et de la paix. La ville est une communauté d’êtres humains libres qui associent leur pouvoir individuel pour en faire un pouvoir collectif.

GCV : C’est une position pour le moins nouvelle dans sa définition et son intensité.

FC : C’est vrai. Notre incapacité à résoudre le phénomène de destruction de l’environnement nécessite à mon sens une création politique : c’est d’ailleurs bien une création politique à part entière.

GCV : Comment en êtes vous venu à vous présenter à des élections alors que vous n’êtes pas de l’univers politique ?

FC : Il y a trois ans j’ai visionné une audition sur le changement climatique et j’ai compris -disons que j’ai eu une prise de conscience- : notre monde tel qu’il fonctionne encore aujourd’hui est fini et il relève du passé. En septembre, le lancement de la campagne municipale à Grenoble m’a amené progressivement dans l’univers politique du moment et je suis dit qu’il fallait soit agir, soit subir. J’ai décidé d’agir.

GCV : En quelques mots, concrètement, quel est votre programme pour la ville de Grenoble ?

FC : Une continuité de gestion et de service, d’abord, pour tout ce qui concerne les services au quotidien des Grenoblois (transport, écoles, administratif etc.) et qui relève du domaine de la municipalité. Une rupture dans le domaine de l’économie, avec un remboursement de la dette municipale (281 millions €) en 8 ans, un équilibre du budget systématique, une gestion qui renoue avec les bénéfices : une mairie est comme une entreprise, nous devons créer de la richesse. Rupture aussi dans le domaine de la démocratie locale, avec la création d’un sénat Grenoblois, basé sur le vote électronique direct sur toutes les questions centrales. 1 voix : 1 vote, chacun est l’égal du maire dans le pouvoir politique. Rupture dans le domaine des transports, avec la création de deux routes cyclables couvertes grandes capacités (axe Nord Sud Libération – Général de Gaulle, axe Est Ouest Joseph Vallier – Foch). Le maillage secondaire est couvert dans une rue sur quatre, afin de donner la possibilité de déplacements cyclés dans toute la ville 24h /24 quelque soit le temps. L’objectif ? Diminuer le nombre de véhicule motorisé sur la commune par deux, sur temps d’une mandature et uniquement sur décision volontaire. Pour atteindre des objectifs ambitieux, nous devons donner des signaux forts, clairs et surtout, humains. Rupture aussi dans l’urbanisme avec une densification rationnelle de la ville selon les modèles urbains historiques de type « îlot d’immeubles »  au delà de la zone des grands boulevards. Il sera définit de nouveaux modèles d’architectures décarbonés et durables, avec deux critères nécessaires pour l’obtention des permis de construire : l’esthétique, destinée à augmenter le potentiel culturel de la ville, et la simplification des constructions, destinée à en baisser les coûts de construction. Enfin, rupture avec la sécurité où le modèle pacifique des Bobbies anglais, puissance civile non armée, respectée mais non crainte, sera présente de façon permanente, de jour comme de nuit, sur l’ensemble du territoire municipal Grenoblois. Mince, ça fait plus que quelques mots tout ça.

GCV : Vous vous êtes déclarés très tard dans la course aux municipales. Quelle est la taille de votre équipe actuelle ? Pensez-vous avoir une chance d’être élu ?

FC : C’est vrai. Je fais les choses dans l’ordre. Hier j’ai pris la décision de me présenter, aujourd’hui j’écris les grandes lignes du programme et je définis sa cohérence. Demain ceux qui se retrouvent dans ce programme et ses aspirations me rejoindrons, ou plutôt rejoindrons leurs aspirations. Car ce programme est réalisé pour les êtres humains et tous peuvent se retrouver dedans. Les sentiments d’identité, d’appartenance, la construction de son intimité, l’expression de nos émotions, de nos ressentis caractérisent chacun d’entre nous. La liberté d’être est un patrimoine commun à l’humanité. A l’heure où je vous parle la liste municipale compte 6 personnes. Pour répondre à votre dernière question, je citerai Guillaume d’Orange-Nassau :

« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »

Entretien réalisé à Grenoble le 29 décembre 2019.

²Fabien COMINOTTI, sous la direction de Madame Anne-Marie GRANET ABISSET, Histoire du temps présent, Recueil et étude d’un corpus de graffiti étudiants UPMF 2006-2007

Grenoble c’est vous : Fabien Cominotti, vous avez décidé de candidater aux élections municipales de Grenoble. Vous n’êtes pas connu. Pouvez-vous vous présenter ? Fabien Cominotti : J’ai 47 ans, j’exerce le métier de négociateur immobilier sur Grenoble. J’ai grandi à la campagne et j’habite Grenoble depuis mes 16 ans. Je suis père d’un adolescent de 15 ans, Marius, qui est une grande joie dans ma vie. GCV: Quels sont votre parcours professionnel et votre formation : FC : Mon parcours professionnel est essentiellement lié au bâtiment. J’ai travaillé dans le domaine de la construction, comme maçon-coffreur puis dans la vente immobilière de biens d’habitations. Aujourd’hui je m’oriente aussi vers la formation, dont j’apprécie particulièrement certaines caractéristiques comme le travail en groupe, la transmission du savoir et de l’excellence professionnelle : c’est passionnant ! Initialement diplômé d’un bac technique à Grenoble, j’ai repris plusieurs fois des études : CAP de maçon-coffreur à Strasbourg en 2002, master d’Histoire en 2007 et de Sociologie en 2010 à Grenoble. En cours du soir j’ai obtenu un diplôme de gestionnaire immobilier en 2016 à l’ICH de Grenoble. GCV : Avez-vous eu des fonctions politiques par le passé ? FC : Non, c’est une première candidature et une première expérience. C’est une émergence. GCV : De quel bord politique êtes-vous ? FC :  Je suis du bord politique de la meilleure politique possible et c’est une réponse vraie et authentique. GCV : D’accord. Alors qu’est-ce qu’une « meilleure politique possible » ? FC : pour moi, la meilleure politique possible consiste à placer les sensibilités de l’être humain et la connaissance qu’il a de lui même au centre de la société. La société doit être le résultat des différentes sensibilités humaines, alimentée par celles-ci, respectant celles-ci. Cela nécessite d’une part un plus haut niveau de connaissance et d’acceptation de soi et d’autre part un plus haut niveau dans la maîtrise de notre communication avec soi et autrui. Cela passe également par l’action municipale, qui doit apporter à ses citoyens une action de protection personnelle si efficace et si immédiate qu’ils ressentent une sensation d’appartenance à elle. Quand elle existe véritablement, la Ville devient une réalité psychique, un sentiment vécu de puissance et de justice civile présent dans chacun de ses habitants. Bien au delà de ce qu’elle est tristement aujourd’hui pour la plupart d’entre nous : banal organisme administratif plus ou moins contraignant, la Ville, dans toute sa puissance, est l’unité active qui lie ses habitants, puissance civile, puissance commerciale, expression commune et communautaire de la concorde et de la paix. La ville est une communauté d’êtres humains libres qui associent leur pouvoir individuel pour en faire un pouvoir collectif. GCV : C’est une position pour le moins nouvelle dans sa définition et son intensité. FC : C’est vrai. Notre incapacité à résoudre le phénomène de destruction de l’environnement nécessite à mon sens une création politique : c’est d’ailleurs bien une création politique à part entière. GCV : Comment en êtes vous venu à vous présenter à des élections alors que vous n’êtes pas de l’univers politique ? FC : Il y a trois ans j’ai visionné une audition sur le changement climatique et j’ai compris -disons que j’ai eu une prise de conscience- : notre monde tel qu’il fonctionne encore aujourd’hui est fini et il relève du passé. En septembre, le lancement de la campagne municipale à Grenoble m’a amené progressivement dans l’univers politique du moment et je suis dit qu’il fallait soit agir, soit subir. J’ai décidé d’agir. GCV : En quelques mots, concrètement, quel est votre programme pour la ville de Grenoble ? FC : Une continuité de gestion et de service, d’abord, pour tout ce qui concerne les services au quotidien des Grenoblois (transport, écoles, administratif etc.) et qui relève du domaine de la municipalité. Une rupture dans le domaine de l’économie, avec un remboursement de la dette municipale (281 millions €) en 8 ans, un équilibre du budget systématique, une gestion qui renoue avec les bénéfices : une mairie est comme une entreprise, nous devons créer de la richesse. Rupture aussi dans le domaine de la démocratie locale, avec la création d’un sénat Grenoblois, basé sur le vote électronique direct sur toutes les questions centrales. 1 voix : 1 vote, chacun est l’égal du maire dans le pouvoir politique. Rupture dans le domaine des transports, avec la création de deux routes cyclables couvertes grandes capacités (axe Nord Sud Libération – Général de Gaulle, axe Est Ouest Joseph Vallier – Foch). Le maillage secondaire est couvert dans une rue sur quatre, afin de donner la possibilité de déplacements cyclés dans toute la ville 24h /24 quelque soit le temps. L’objectif ? Diminuer le nombre de véhicule motorisé sur la commune par deux, sur temps d’une mandature et uniquement sur décision volontaire. Pour atteindre des objectifs ambitieux, nous devons donner des signaux forts, clairs et surtout, humains. Rupture aussi dans l’urbanisme avec une densification rationnelle de la ville selon les modèles urbains historiques de type « îlot d’immeubles »  au delà de la zone des grands boulevards. Il sera définit de nouveaux modèles d’architectures décarbonés et durables, avec deux critères nécessaires pour l’obtention des permis de construire : l’esthétique, destinée à augmenter le potentiel culturel de la ville, et la simplification des constructions, destinée à en baisser les coûts de construction. Enfin, rupture avec la sécurité où le modèle pacifique des Bobbies anglais, puissance civile non armée, respectée mais non crainte, sera présente de façon permanente, de jour comme de nuit, sur l’ensemble du territoire municipal Grenoblois. Mince, ça fait plus que quelques mots tout ça. GCV : Vous vous êtes déclarés très tard dans la course aux municipales. Quelle est la taille de votre équipe actuelle ? Pensez-vous avoir une chance d’être élu ? FC : C’est vrai. Je fais les choses dans l’ordre. Hier j’ai pris la décision de me présenter, aujourd’hui j’écris les grandes lignes du programme et je définis sa cohérence. Demain ceux qui se retrouvent dans ce programme et ses aspirations me rejoindrons, ou plutôt rejoindrons leurs aspirations. Car ce programme est réalisé pour les êtres humains et tous peuvent se retrouver dedans. Les sentiments d’identité, d’appartenance, la construction de son intimité, l’expression de nos émotions, de nos ressentis caractérisent chacun d’entre nous. La liberté d’être est un patrimoine commun à l’humanité. A l’heure où je vous parle la liste municipale compte 6 personnes. Pour répondre à votre dernière question, je citerai Guillaume d’Orange-Nassau : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » Entretien réalisé à Grenoble le 29 décembre 2019.